La reconstruction du sein

Le but d’une reconstruction est de permettre à une femme de mieux vivre après une mastectomie. Elle peut et doit être proposée car les résultats obtenus donnent le plus souvent satisfaction au prix d’interventions peu invasives.
Pourtant, pour diverses raisons d’ordre personnel, familial… en France, moins de 50 % des femmes y ont recours.
Parfois parce qu’elles n’en ressentent pas le désir, mais trop souvent aussi parce qu’elles en ont été dissuadées par un entourage pusillanime, voire par certains médecins qui invoquent, à tort, une prise de risque cancérologique, or il est prouvé que la reconstruction :
– n’augmente pas le risque de récidives ou de métastases ;
– ne retarde pas le diagnostic d’une récidive ou d’une métastase ;
– ne modifie pas le pronostic.
Il existe plusieurs techniques de reconstruction, les indications vont dépendre de la quantité et de la qualité de la peau, de l’anatomie, de la consommation de tabac et des objectifs qu’on se fixe. C’est dire qu’une consultation spécialisée s’impose, même pour choisir, en connaissance de cause, de ne pas reconstruire.
Quand reconstruire
La reconstruction peut avoir lieu en même temps que la mastectomie (reconstruction mammaire immédiate ou RMI) ou, dans un second temps, après la fin des traitements du cancer du sein (reconstruction mammaire différée ou RMD).
L’idéal semble bien sûr de reconstruire en même temps que la mastectomie, mais la radiothérapie pariétale détériore le résultat des reconstructions.
Donc la reconstruction immédiate peut être proposée si il n’y a pas de radiothérapie prévue après la mastectomie. Sinon, il est préférable de repousser la reconstruction 6 mois au minimum après la fin
de la radiothérapie.
Toutefois, si la patiente refuse catégoriquement une mastectomie sans reconstruction immédiate, certaines équipes médicales proposent d’inverser la séquence thérapeutique. Dans ce cas, on procède d’abord à la chimiothérapie puis
à la radiothérapie, avant de finir le traitement par la mastectomie avec reconstruction immédiate (obligatoirement par lambeau musculo-cutané).
Stratégie thérapeutique
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Les femmes ayant eu une mastectomie n’ont pas toutes les mêmes exigences :
- certaines n’aspirent qu’à se sentir « à l’aise » lorsqu’elles sont habillées d’autres veulent pouvoir se déshabiller…
- certaines sont prêtes à subir plusieurs interventions pour obtenir un résultat optimal.
- certaines préfèrent recourir d’emblée à un lambeau pour avoir un résultat souple et naturel rapidement, d’autres sont prêtes à tenter une reconstruction par prothèse afin de minimiser les cicatrices sur leur corps, même au risque un auvais résultat, quitte à opter en seconde intention pour un lambeau si elles n’étaient pas satisfaites.
- certaines aimaient leurs seins « avant » d’autres peuvent « en profiter » pour les améliorer.
De même, les résultats sont appréciés très différemment selon les femmes. Certaines se déclarent satisfaites
de résultats peu symétriques quand d’autres refusent un résultat considéré comme “ bon ” par les chirurgiens.
Il est donc important de définir en consultation au cas par cas les objectifs de la reconstruction et d’établir un “ plan thérapeutique ”.
Toutes les reconstructions se déroulent en 3 phases :
– phase 1 : reconstruction du volume et de la forme du sein ainsi que modification de l’autre sein si nécessaire;
– phase 2 : évaluation des résultats (environ 2 mois après l’intervention) :
• soit le résultat est jugé satisfaisant et la reconstruction de l’aréole et du mamelon peut avoir lieu
• soit le résultat est perfectible et des retouches vont être envisagées (un tiers des reconstructions bénéficient de orrections qui vont d’une simple reprise de cicatrice sous anesthésie locale au changement de taille et/ou de forme
de prothèse).
• enfin, si la technique choisie au départ n’offre pas de résultat satisfaisant, il peut être judicieux d’en changer.
C’est parfois le cas des reconstructions par prothèse si la peau manque de laxité.
– phase 3 : reconstruction de l’aréole et du mamelon
Différentes techniques de reconstruction
C’est essentiellement la quantité et la qualité des téguments qui recouvrent le thorax qui vont guider le choix d’une technique.
On distingue :
– la reconstruction du sein à l’aide d’une prothèse mammaire : le volume et la forme du sein sont apportés par une prothèse, à condition que la peau sauvegardée sur le thorax soit suffisante et suffisamment compliante pour recouvrir souplement la prothèse ;
– la reconstruction du sein grâce à un lambeau musculo-cutané : De la peau, du muscle et de la graisse sont prélevés dans le dos ou sur le ventre et sont transférés à la place du sein manquant. Le lambeau est ensuite modelé pour obtenir la forme recherchée.